Informations sur la coloscopie
Qu’est-ce qu’une coloscopie ?        

C’est un examen qui permet d’explorer l’intérieur du rectum et du colon (gros intestin) à l’aide d’un appareil appelé endoscope introduit par l’anus. L’endoscope utilisé pour la coloscopie est un instrument optique flexible d’environ un mètre de long dont le diamètre est approximativement celui d’un doigt. La transmission de l’image se faisait autrefois par l’intermédiaire de fibres optiques. Actuellement, dans la très grande majorité des cas, l’acquisition des images est faite par une caméra vidéo miniaturisée (CCD couleur) située à l’extrémité de l’endoscope et les images sont transmises sur un écran de télévision.
 
Outre le système optique qui permet de visualiser l’intérieur du colon, l’endoscope comporte différents canaux pour insuffler, aspirer, laver l’optique et surtout passer des instruments (pince, aiguille, bistouri, clip, etc…) qui permettent de réaliser de véritables petites opérations internes. La progression dans l’intestin est guidée par deux manettes qui permettent de béquiller l’extrémité de l’endoscope dans les 4 directions. En cours d’examen, l’insufflation d’air dans l’intestin permet de bien déplisser la paroi et de mieux visualiser la totalité du rectum et du colon.


Comment se préparer pour une coloscopie ?        

La coloscopie ayant pour but d’explorer l’intérieur du colon, celui-ci doit être parfaitement propre et vide de toute matière fécale. La qualité et la sécurité de l’exploration dépendent donc d’une préparation très soigneuse. Il est essentiel de suivre à la lettre les instructions données par le gastroentérologue. Le plus souvent la préparation repose sur une purge que l’on boit la veille de l’examen, soit 3 à 4 litres de polyéthylène glycol (PEG), soit 2 flacons de 45 ml de phosphate de sodium. Selon les cas, on y associe un régime alimentaire sans résidu et éventuellement un lavement évacuateur.

Le jour de la coloscopie, aucun repas ne doit être absorbé durant les 6 heures qui précèdent l’examen et il ne faut pas fumer.

Certains médicaments strictement nécessaires peuvent être pris avec un peu d’eau : ils seront indiqués par le médecin. D’autres médicaments doivent être arrêtés avant une coloscopie, en particulier les anticoagulants qui fluidifient le sang. Votre médecin vous donnera les instructions.

Si vous avez une maladie cardiaque qui nécessite la prise d’antibiotiques avant des soins dentaires, informez en votre médecin car des antibiotiques pourront aussi être nécessaires avant la coloscopie.


Comment se déroule une coloscopie ?        

Le plus souvent, lorsque les conditions le permettent, la coloscopie est réalisée en ambulatoire : la préparation est faite à domicile et le patient retourne à son domicile avec une personne accompagnatrice quelques heures après l’examen.

En France, dans 92 % des cas la coloscopie est réalisée sous anesthésie conduite par un anesthésiste. L’anesthésie générale n’est cependant pas une obligation.

Lors de la coloscopie, le gastroentérologue introduit l’extrémité de l’endoscope jusqu’au bout du colon (caecum) puis explore soigneusement l’intérieur du colon en retirant lentement l’endoscope. En cas d’anomalie, il peut réaliser des biopsies, c'est-à-dire prélever à l’aide d’une pince miniature un fragment superficiel d’intestin. Ce fragment est ensuite analysé au microscope pour en préciser la nature exacte. En cas de polype, le gastroentérologue procède à son ablation (polypectomie) chaque fois que possible au cours du même examen. Ni biopsie, ni polypectomie ne sont douloureuses.

L’examen dure habituellement 15 à 60 minutes.

Après la coloscopie, en cas d’anesthésie, le patient est surveillé en salle de réveil. Lorsque le réveil est complet, une collation est habituellement servie avant le retour à domicile. En cas d’anesthésie, la conduite automobile est interdite et le retour à domicile doit s’effectuer avec une personne accompagnatrice qui conduit. La reprise d’une activité professionnelle est possible dès le lendemain de l’examen.


Que se passe-t-il en cas de polype ?        

Un polype est une excroissance développée sur la muqueuse colorectale. Le terme de polype est, à tort, utilisé dans le langage courant pour désigner la lésion qui précède le cancer. En fait, seuls les polypes adénomateux constituent de véritables lésions précancéreuses : ils représentent 70 à 75 % des polypes. Ce sont ces polypes qu’il est important d’enlever pour empêcher la survenue ultérieure d’un cancer.
La forme des polypes varie : certains ont un pédicule qui leur donne la forme d’un champignon (polype pédiculé), d’autres n’ont pas de pédicule et ont une implantation large sur la muqueuse (polype sessile). Leur taille peut varier de quelques millimètres jusqu’à 3 ou 4 cm.


L’aspect d’un polype ne permet pas de distinguer entre un polype précancéreux et un polype sans risque. Il faut donc, chaque fois que possible, procéder à l’ablation de tous les polypes au cours du même examen. L’ablation d’un polype (polypectomie) est réalisée le plus souvent avec un petit lasso ou avec une pince miniature. Après ablation, le polype est récupéré, plongé dans du formol et envoyé en anatomopathologie pour être analysé au microscope. Lorsque l’ablation n’est pas possible, le gastroentérologue peut soit détruire les petits polypes en les brûlant (électrocoagulation), soit biopsier les gros polypes pour préciser leur nature et guider le choix de leur traitement ultérieur.


Intérêt et limites de la coloscopie ?        

La coloscopie est l’examen de référence pour l’exploration du colon et du rectum. Ses performances diagnostiques sont supérieures à celles de tout autre examen. De plus, seule la coloscopie offre la possibilité de réaliser des biopsies et l’ablation des polypes.

Pour autant, la coloscopie a des limites :
Dans environ 5 % des cas, la coloscopie est incomplète : le gastroentérologue échoue à explorer le colon en totalité à cause d’un rétrécissement du colon infranchissable par l’endoscope, de matières fécales résiduelles ou encore de difficultés anatomiques. Dans ce cas, il peut être nécessaire de réaliser un examen radiologique (lavement baryté ou coloscanner) pour compléter l’exploration.

Même complète et malgré une exploration attentive, la coloscopie peut méconnaître des anomalies, en particulier si le colon n’est pas parfaitement propre : la coloscopie manque le diagnostic de 15 à 25 % des adénomes de moins de 1 cm, de 0 à 6 % des adénomes de plus de 1 cm et de 0,5 à 6 % des cancers du colon.


Quelles complications peuvent survenir ?        

Les complications sont rares : elles peuvent être dues à la coloscopie ou à l’anesthésie. Le risque est de l’ordre de 3 accidents pour 1 000 coloscopies, plus important en cas d’ablation de polype qu’en cas de simple coloscopie diagnostique :

  • La perforation de la paroi intestinale peut rendre une opération chirurgicale nécessaire.

  • Une hémorragie peut survenir après ablation de polype. Dans la très grande majorité des cas, elle s’arrête spontanément ou elle peut être contrôlée au prix d’une nouvelle coloscopie. Une transfusion de sang est rarement nécessaire et le recours à une opération chirurgicale est exceptionnellement nécessaire.

  • Le respect de la réglementation en vigueur rend pratiquement nul le risque de transmission d’infection (SIDA, hépatite virale...). Les endoscopes bénéficient de procédures rigoureuses de nettoyage et de désinfection strictement codifiées et exécutées après chaque utilisation. Elles sont réalisées à la main ou dans des machines automatisées analogues aux machines à laver la vaisselle. Le petit matériel utilisé au cours des coloscopies est soit à usage unique, détruit après chaque utilisation, soit stérilisé entre chaque utilisation.

  • La coloscopie ou la purge préalable peuvent occasionner une gêne, un désagrément ou des incidents mineurs dans 5 à 15 % des cas : nausées, vomissements, coliques intestinales, ballonnements, flatulences, maux de tête...


Lorsqu’une complication survient, c’est le plus souvent pendant l’examen. Plus rarement, une complication peut se révéler tardivement après le retour à domicile, jusque quelques jours après l’examen. Des symptômes tels que maux de ventre, sang rouge ou noir en abondance dans les selles, fièvre, frissons… doivent alors vous alerter. Dans ce cas, Il est très important de contacter immédiatement l’équipe médicale qui a réalisé l’examen au numéro de téléphone qui vous a été indiqué.

En cas d’impossibilité de prendre contact, il faut rapidement contacter votre médecin-traitant, voire, en cas de doute, composer le numéro de téléphone 15.



Vous pouvez nous contacter à tout moment en nous écrivant un email.

Site réalisé avec le concours de la Ligue contre le cancer