Le syndrome de Lynch

Le syndrome de Lynch (ou CCR héréditaire sans polypose ou Syndrome HNPCC – Hereditary Non Polyposis Colon Cancer) est une maladie héréditaire rare responsable de 1 à 3 % des CCR. Ce syndrome est actuellement défini par les critères d’Amsterdam II :


  • 3 parents au moins sont atteints d’un CCR ou d’un cancer de l’intestin grêle, de l’endomètre, du rein ou des voies urinaires, des voies biliaires, de l’estomac ou de l’ovaire,


  • et un des parents est uni aux 2 autres par un lien de parenté au 1er degré (père, mère, frère, sœur, enfant),


  • et 2 générations successives sont atteintes,


  • et au moins 1 des parents a eu un cancer avant l’âge de 50 ans.


Les personnes atteintes ont un risque de 60 à 80 % d’avoir un CCR au cours de leur vie. Dans ce cas, le CCR est le plus souvent localisé au colon droit et survient précocement vers l’âge de 40 ou 50 ans. Les femmes atteintes ont un risque d’avoir un cancer de l’endomètre (utérus) de 40 à 80 % au cours de leur vie.

La transmission de cette maladie héréditaire est autosomique dominante, c'est-à-dire que lorsqu’un des 2 parents est atteint, un enfant sur 2 risque d’être atteint.


Les anomalies génétiques du syndrome de Lynch ont été identifiées. Elles concernent les gênes qui codent pour les protéines du système de réparation des mésappariements de base (Mismatch Repair/MMR). 6 gènes ont été identifiés, mais les mutations de 3 d’entre eux expliquent la quasi-totalité des cas : il s’agit des gènes MLH1, MSH2 et MSH6. Il est actuellement possible de détecter une mutation délétère d’un gène MMR sur simple prise de sang.

Lorsqu’une personne atteinte de CCR est suspecte de syndrome de Lynch (jeune âge, nombreux cancers dans sa famille, cancer du colon droit…), il est recommandé d’analyser les cellules tumorales par technique de génétique moléculaire. Cette analyse évalue l’instabilité des microsatellites : toutes les tumeurs relevant d’un syndrome de Lynch ont un phénotype instable (MSI = microsatellite instable). Après avoir affirmé le phénotype instable de la tumeur, il est recommandé de rechercher la mutation d’un gène MMR par immuno-histochimie : des anticorps dirigés contre les protéines MLH1 et MSH2 peuvent être appliqués sur des coupes de tumeur fixées dans le formol. Cette technique simple, rapide et peu coûteuse permet de guider la recherche de la mutation d’un gène MMR par analyse génétique constitutionnelle sur prise de sang, technique qui, elle, est longue et très coûteuse. Lorsque la mutation responsable a été identifiée chez une personne atteinte de cancer dans un contexte de syndrome de Lynch, il est possible dela rechercher chez les apparentés qui le souhaitent, pour déterminer s’ils sont ou non atteints. Cette recherche se fait sur simple prise de sang.


Prise en charge        
Personne asymptomatique porteur d’une mutation d’un gène MMR ou à haute probabilité d’être atteinte

  • dépistage du CCR par coloscopie tous les 2 ans à partir de l’âge de 20 – 25 ans. L’utilisation de colorant (indigo carmin) au cours de la coloscopie (chromo-endoscopie) est recommandée (ANAES 2004).


  • dépistage du cancer de l’endomètre (utérus) par échographie tous les ans à partir de l’âge de 30 ans


Personne atteinte de cancer

En cas de Syndrome de Lynch le traitement du CCR obéit aux règles habituelles : il n’est pas recommandé de réaliser une colectomie totale prophylactique.


Consultation d’oncogénétique        

La génétique des cancers est un domaine dans lequel les connaissances évoluent très vite. L’avis d’un spécialiste d’oncogénétique est donc nécessaire chaque fois que le diagnostic de syndrome de Lynch est suspecté et en particulier avant la recherche d’une mutation des gènes MMR par analyse génétique constitutionnelle. Une consultation d’oncogénétique est indiquée en cas de :

  • CCR (ou autre cancer du Syndrome de Lynch) survenu avant 40 ans ou chez une personne ayant déjà eu un cancer de l’endomètre (utérus)

  • CCR (ou autre cancer du Syndrome de Lynch) MSI survenu avant 60 ans ou chez une personne ayant un antécédent familial au 1er degré de cancer du Syndrome de Lynch.




Références

  • Olschwang S et al. Bull Cancer 2004 ; 91 : 303 - 15

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