Dépistage du cancer colorectal : auto évaluation des dossiers médicaux de 37 médecins généralistes.         

B Denis, G Schon, M Ruetsch, JC Grall, M Levêque, JM Meyer, S Moser, JC Tschiember, P Perrin
Association ADECA 68 – COLMAR (Haut-Rhin)


Pour un dépistage rigoureux, il faut
1) évaluer le risque de cancer, principalement par la recherche d’antécédents néoplasiques familiaux et
2) connaître les dates et résultats d’éventuels examens de dépistage antérieurs.

Ces données doivent être colligées dans le dossier médical et régulièrement actualisées. La qualité des dossiers médicaux n’a jamais été évaluée dans le domaine du dépistage du cancer colorectal (CCR) en médecine générale en France.


But

évaluer la qualité des informations nécessaires au dépistage du CCR dans les dossiers de médecine générale.


Méthodes

auto-évaluation prospective de 20 dossiers (10 hommes et 10 femmes de 40 à 74 ans) par les médecins généralistes (MG) volontaires de 6 groupes de pairs.


Résultats

37 MG ont évalué 736 dossiers. 51,3 % des dossiers étaient renseignés sur l’existence ou non d’antécédents familiaux de CCR. Ce taux variait selon les MG de 5 % à 100 %. Le degré de parenté et l’âge de survenue du cancer étaient précisés dans 103 dossiers. 134 dossiers (20,5 %) mentionnaient une exploration colique antérieure, mais seuls 85 précisaient la date de l’examen et son résultat. Parmi 490 dossiers de personnes de 50 à 74 ans à risque moyen de CCR, 251 (51,2 %) mentionnaient la réalisation d’une recherche de sang occulte dans les selles. Seules 78,5 % étaient datées. La qualité des informations concernant les dépistages des cancers du sein et du col utérin était analogue. 49,3 % des dossiers étaient renseignés sur l’existence ou non d’antécédents familiaux de cancer du sein. 126 dossiers (62,7 %) de femmes âgées de 50 à 69 ans mentionnaient la réalisation d’une mammographie, mais seuls 52 (25,9 %) étaient complets et conformes aux recommandations actuelles. 99 dossiers (44,2 %) de femmes âgées de 40 à 65 ans mentionnaient la réalisation d’un frottis cervical, mais seuls 53 (23,7 %) étaient complets et conformes aux recommandations. Ces taux variaient selon les MG de 0 à 100 %.


Conclusion

la qualité moyenne des dossiers de médecine générale est insuffisante. Elle est cependant très hétérogène, de mauvaise à excellente selon les MG. Les antécédents familiaux de cancer figurent dans la moitié des dossiers et, quel que soit le cancer, seul le quart des dossiers est complet et conforme aux recommandations. A l’heure de la généralisation des dépistages des cancers, le recueil et l’actualisation des informations sur l’histoire familiale et les examens de dépistage passés doivent être améliorés dans les dossiers de médecine générale. Des outils permettant de faciliter ce travail sont proposés : affiches pour les salles d’attente et auto-questionnaires destinés aux patients.



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