Dépistage du cancer colo-rectal : enquête de pratiques auprès des médecins généralistes d'un département français.



DENIS B
, PERRIN P, GUTH F, CAILLERET AF, RUETSCH M, STRENTZ P.
ADECA 68

Communication affichée aux Journées Francophones de Pathologie Digestive. Paris 2003.
Gastroenterol Clin Biol 2003;27: A104.

But        

Faire un état des lieux des connaissances, des convictions, des pratiques et des attentes des médecins généralistes (MG) d'un département français en matière de dépistage du cancer colorectal (CCR).

Méthodes        

un questionnaire de 24 questions a été élaboré puis testé sur un échantillon de 15 MG. Le questionnaire définitif a été envoyé en septembre 2002 aux 630 MG du département.

Résultats        

59 % des MG ont répondu. Le dépistage individuel du CCR était prescrit régulièrement par 63 % (82 %, 88 % et 87 % pour le col, le sein et la prostate). 64 % estimaient que le dépistage de masse permettait de diminuer fortement la mortalité par CCR (67 % et 80 % pour les cancers du sein et du col). 45 % recherchaient systématiquement les antécédents (ATCD) familiaux de CCR et 42 % souvent. En cas d'ATCD familial, le dépistage du CCR était proposé souvent ou systématiquement dans 93 % des cas (20 % en l'absence d'ATCD). En cas d'ATCD familial, les examens de dépistage les plus souvent prescrits étaient la coloscopie (colo) (86 %) et la recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) (52 %). En l'absence d'ATCD familial, 11 % ne prescrivaient jamais de dépistage du CCR et 69 % prescrivaient en général une RSOS. 89 % estimaient que la colo permettait de diminuer la mortalité par CCR dans le cadre du dépistage individuel (75 % pour la RSOS et 30 % pour la rectosigmoïdo-scopie (RS)). 92 % estimaient que la RSOS permettait de diminuer la mortalité par CCR dans le cadre du dépistage de masse (colo 37 %, RS 12 %). 74 % ne connaissaient pas les recommandations de la conférence de consensus de 1998. 46 % ne prescrivaient pas ou peu de RSOS dont les indications les plus fréquentes étaient le dépistage en cas d'ATCD familial et l'exploration de symptômes, principalement anémie ferriprive et altération de l'état général. En cas de RSOS positive, 78 % prescrivaient une colo, 4 % une RS et 13 % prescrivaient une nouvelle RSOS. 53 % s'étaient faits personnellement dépister, 57 % par RSOS et 40 % par colo. Les facteurs les plus incitatifs pour une participation active des MG à la future campagne de dépistage étaient dans l'ordre

  • 1) preuves d'efficacité de la campagne
  • 2) service rendu aux patients
  • 3) intérêt pour la prévention.


L'instauration d'une rémunération supplémentaire ou d'une consultation prévention n'était pas ou peu incitative. Une consultation prévention dotée d'un C lourd était souhaitée par 44 %. 33 % ne souhaitaient pas de formation spécifique. Les mots qui qualifiaient le mieux la position des MG vis à vis de la campagne étaient

  • 1) utile
  • 2) convaincu
  • 3) intéressé
  • 4) efficace
  • 5) valorisant
  • 6) motivé
  • 7) enfin !


Conclusion        

Cette enquête a permis d'informer et de sensibiliser les MG à la future campagne de dépistage et permettra de guider l'élaboration des plans de communication et de formation des MG.



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