Facteurs et motifs de participation au dépistage du cancer colorectal par recto-sigmoïdoscopie en France.




B Denis, EA Sauleau, P Strentz, D Gras, MF Bacqué, I Gendre, P Perrin

Nous avons montré que le dépistage du cancer colorectal (CCR) par recto-sigmoïdoscopie (RS) était faisable en France et offrait un meilleur rendement que le dépistage par Hemoccult (H).
But : évaluer les facteurs socio-démographiques et médicaux et les motifs de participation au dépistage par RS.


Méthodes         

Enquête téléphonique auprès d’un échantillon de la population d’un canton de 55 à 64 ans invitée à participer à une étude proposant un dépistage par RS en sus du dépistage organisé par H.


Résultats         

202 personnes (100 femmes) ayant réalisé une RS et 200 (111 femmes) ne l’ayant pas réalisée ont répondu. 320 (171 femmes) avaient réalisé un test H. Les facteurs significativement associés au dépistage par RS en analyse multivariée par régression logistique après remplacement des valeurs manquantes par imputation multiple sont indiqués dans le tableau. Quelques facteurs étaient significativement associés au dépistage par RS en analyse univariée mais pas en multivariée : âge élevé, être retraité, avoir un conjoint ayant fait la RS, ne pas être gêné par la crainte d’avoir mal ou d’avoir à signer un consentement éclairé ou d’avoir à se déshabiller, considérer la RS comme utile, fiable, non désagréable, ou non dangereuse, considérer le test Hemoccult comme insuffisant et la RS comme améliorant le dépistage du CCR. Enfin, il n’y avait pas d’association significative entre dépistage par RS et sexe, nationalité, niveau d’études, catégorie socioprofessionnelle, couverture sociale, statut marital, tabagisme, antécédent familial de CCR et participation aux dépistages des autres cancers.


facteur

oddsratio

IC 95%

se sent concerné par le dépistage du CCR

1.8

1.2 – 2.7

veut savoir s’il a un cancer ou pas

1.8

1.1 – 2.8

a discuté de la RS avec son médecin généraliste

6.5

2.3 – 17.9

le médecin généraliste a recommandé la RS

4.5

1.8 – 11.1

considère la RS comme non douloureuse

2.1

1.3 – 3.2

non gêné par programme de recherche

1.9

1.2 – 2.9

non gêné pour trouver le temps de faire la RS

1.9

1.3 – 2.7

a des revenus faibles

2.8

1.5 – 5.0

a réalisé un test Hemoccult

18.1

3.7 – 87.7


Conclusion         

Il ne semble pas y avoir de barrière socio-démographique au dépistage du CCR par RS en France. La participation au dépistage par RS peut y être améliorée 1) en impliquant fortement les médecins généralistes pour informer et convaincre la population cible et 2) en inscrivant le contrôle de la douleur comme priorité lors de la réalisation des RS et en communiquant sur ce thème auprès de la population et des médecins généralistes.

En analyse multivariée par régression logistique après remplacement des valeurs manquantes par imputation multiple les facteurs significativement associés au dépistage par RS étaient : se sentir concerné par le CCR (oddsratio ; IC 95% [ ] ), vouloir savoir si l’on a un CCR ( ), avoir discuté de la RS avec son médecin généraliste (MG) ( ), avoir reçu de son MG la recommandation de faire la RS ( ), considérer la RS comme non douloureuse (oddsratio 2.1 ; IC 95% [1.4 – 3.2]), ne pas être gêné par la participation à un programme de recherche (1.9 [1.3 – 2.9]), ne pas être gêné pour trouver le temps pour faire la RS (1.8 [1.2 – 2.7]), avoir des revenus faibles ( ), et enfin avoir réalisé un test H (15.7 [3.5 – 71.3]).



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