Evaluation des pratiques professionnelles : examen anatomo-pathologique des polypes colorectaux d’une campagne départementale de dépistage organisé



JF Fléjou, C Peters, C Chapelain, I Kleinclaus, A Fricker, R Wild, B Auge, B Denis.

L’appréciation du type d’architecture et du degré de dysplasie des adénomes colorectaux est peu reproductible en pratique courante (1,2).

But        

évaluer l’examen anatomo-pathologique des polypes colorectaux dépistés par une campagne départementale de dépistage organisé du cancer colorectal par Hemoccult.


Méthodes        

Les polypes étaient examinés par 14 pathologistes (P1) dans 6 laboratoires, 4 privés et 2 hospitaliers publics. 300 polypes étaient relus par un pathologiste référent (P2). Tous les adénomes festonnés et les carcinomes pTis et pT1 dépistés étaient relus et les comptes-rendus des pT1 évalués ; les autres polypes relus étaient tirés au sort.


Résultats        

2 560 polypes étaient dépistés. La proportion des différents types de polypes variait significativement selon le laboratoire : adénomes villeux (AV) de 1,7 à 4,5 %, adénomes tubulovilleux (ATV) de 16,8 à 29,2 %, adénomes festonnés (AF) de 1 à 7,4 % et polypes hyperplasiques (PH) de 12,1 à 18,6 % (p < 0,02). De même, le taux d’adénomes en dysplasie de haut grade (DHG) ou pTis variait selon le laboratoire de 17,9 à 31 % (p < 0,01). A la relecture par P2 des 300 polypes, les principaux types histologiques étaient : PH (n = 71), AF (n = 9), adénome tubuleux (AT) (n = 45), ATV (n = 136) et AV (n = 12). Il y avait 38 carcinomes pT1 et 38 pTis, 61 adénomes avec DHG et 72 avec dysplasie de bas grade (DBG). Le diagnostic initial de PH était confirmé dans 88,9 % des cas, celui d’AF dans seulement 15,1% des cas, le diagnostic porté à la relecture étant dans 87,1 % des cas celui de PH. Le diagnostic initial d’AT, ATV et AV était confirmé dans respectivement 29,1 %, 75,6 % et 26,7 % des cas. Le contingent villeux avait été surévalué dans 12,2 % des ATV et 60 % des AV. Il avait été sous évalué dans 69,8 % des AT et 6,7 % des ATV. 72 % des DBG étaient confirmées par P2 et 28 % étaient sous évaluées. Sur 118 diagnostics initiaux de DHG et de carcinome pTis, 66,9 % étaient confirmés par P2, 27,1 % étaient surévalués et 5,1 % sous évalués. 84,2 % des diagnostics initiaux de carcinome pT1 étaient confirmés par P2 et 15,8 % étaient surévalués. 15,8 % des diagnostics de carcinome pT1 faits par P2 avaient été sous évalués pTis par P1. Dans les comptes-rendus des cancers pT1, le degré de différentiation était précisé dans 68,4 % des cas, le pourcentage de cancer dans 31,6 % des cas, la marge de résection dans 73,7 % des cas et la présence d’emboles dans 44,7 % des cas.


Conclusion        

Nos résultats montrent d’importantes différences d’interprétation histologique des polypes dépistés dans le cadre d’une campagne de dépistage organisé du cancer colorectal. Ils soulignent l’importance d’adopter une classification consensuelle de ces lésions, en particulier pour les lésions festonnées, dont la nomenclature est actuellement confuse. Ils illustrent enfin l’absence dans les comptes-rendus de « polypes malins » de stade pT1 de certains critères importants dans la prise en charge des patients.



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